La clochette fêlée tinte quand je pousse la porte de Le Confit des Cœurs. 16h43 précises. Notre RDV après trois jours de chats enflammés sur l’appli. Étienne m’attend derrière le comptoir, regard de vin rouge, mains dans les poches. J’ai swipe droit sur son profil discret : ‘Grand, curieux des goûts oubliés’. Ses messages ? Sales, directs. ‘J’aimerais te lécher un pot entier sur la peau.’ Mon téléphone vibre encore dans ma poche – un autre match, mais fuck, ce soir c’est lui.
L’odeur de confiture chaude m’enveloppe. Figues, rhubarbe, poivre rose. Mes cuisses se serrent déjà. Je porte une jupe légère, pas de culotte, foulard cerise dans les cheveux. Louise ? C’est moi, Anonyme en mode vendeuse. Mais ce soir, pas de tablier. Juste mon envie brute. Il me fixe, rougit légèrement. ‘T’es encore plus appétissante en vrai.’ Je souris, approche le comptoir. ‘Goûte-moi d’abord ça.’ Je sors le pot de rhubarbe poivrée au clou de girofle. Rare. Osé.
L’approche : du virtuel au seuil de l’épicerie
Il plonge le doigt, lèche. Frissonne. ‘Ça pique comme tes mots hier soir.’ Tension électrique. Mon cœur cogne. Pas de blabla. Je ferme la boutique, rideau à carreaux tiré. Téléphone sur vibreur – cinq notifs ignorées. Son parfum monte enfin : bois chaud, musc discret. Je m’approche, trempe mon doigt, le porte à sa bouche. Il suce. Lent. Yeux dans les yeux. ‘T’es prête à passer aux choses sérieuses ?’ murmure-t-il, main sur ma hanche.
On ne traîne pas. Je le tire vers la réserve. Urgence après ces jours de teasing virtuel. ‘J’ai fantasmé sur tes ongles dans mon dos’, dit-il, reprenant nos messages. Mes seins pointent sous le tissu fin. L’air sent le sucre et l’interdit.
Sa bouche sur la mienne, cerise macérée au balsamique entre nos langues. Vinaigré, moelleux. Il gémit. Je déboutonne sa chemise, griffe son torse. ‘Putain, goûte-moi là.’ Je soulève ma jupe, guide sa main entre mes jambes. Mouillée déjà. Il glisse deux doigts, sucrés de confiture. Je mords sa lèvre. ‘Comme dans le chat : fais-moi jouir vite et fort.’ Il s’agenouille. Langue vorace sur mon clito, goût de figue noire et piment. Mes hanches bucklent. Bruits humides, clapotis de salive et de jus. Téléphone vibre par terre – un ping d’un autre mec. Ignoré.
L’explosion : confitures et corps en feu
Je le plaque sur la table, entre les caisses de chutneys. Son sexe dur, veiné, prêt. Pas de capote – on s’en fout ce soir. Je monte dessus, engloutis d’un coup. ‘T’es serrée comme un pot neuf.’ Grognement animal. Je chevauche sauvage, seins qui claquent, confiture qui colle nos ventres. Ses mains sur mes fesses, claques rythmées. ‘Dis-le : tu kiffes me baiser comme une salope d’appli.’ ‘Oui, putain, Étienne, défonce-moi.’ Odeur de sueur, de muscat, de nous. Orgasme monte, vague brûlante. Je jouis en criant, ongles dans son dos, comme promis.
Il explose après, chaud dedans. Tremble. On halète, collants de sucre et de sperme. Silence dense, caramel au fond de la casserole.
Retour au calme. Je me rhabille vite. ‘C’était ouf.’ Il sourit, tend la main. Mon téléphone : dix notifs. Je swipe déjà mentalement le prochain. ‘À plus.’ Porte claquée. Dans la rue, j’ouvre l’appli. Bloque Étienne. Son parfum s’efface. Prête pour le match suivant. Frisson éphémère. Parfait.